20 ans après Doom 64, la licence fait son grand retour sur consoles Nintendo, pour l’occasion on vous a fait le bilan de ce portage Switch. Is Nintendoomed ?
Nous sommes retourné une fois de plus dans les 7 cercles de l’Enfer afin de découvrir le portage de DOOM sur la dernière console en date de Nintendo : la Switch. Vous pourrez la découvrir un peu plus bas, en parallèle de notre ressenti sur la version PC. Pour mémoire DOOM est un titre développé par ID Software, édité par Bethesda qui était sorti le 13 mai 2016 sur PC, PS4 et Xbox One.
Doomsday
Pour être tout à fait honnêtes, nous n’étions pas des plus rassurés en lançant ce renouveau de la licence culte de fast-FPS d’ID : avec une campagne publicitaire qui aura provoqué quelques saignements auditifs jusqu’à six mois avant sa sortie à chaque coupure pub sur toutes les Web-TV françaises et un éditeur refusant d’envoyer des review codes avant la sortie officielle, on était en droit de se ronger les sangs quant à la qualité de ce reboot. D’autant que la phase de bêta ouverte ne nous avait clairement pas convaincus, la faute à un gameplay mollasson, ainsi qu’à un gros manque de charisme. Qu’à cela ne tienne, par amour du sport, nous avons tout de même téléchargé les quelques 40go du FPS afin de se faire une idée précise sur le titre d’ID et, ô joie, nos craintes n’étaient pas (toutes) fondées ! Après un lancement particulièrement musclé à base de bourre-pifs explosant le crâne de quelques démons qui osèrent s’approcher trop près, on commence à faire avancer notre space-marine dans les premiers couloirs du jeu, mais après 15 secondes, quelque chose ne va pas : un petit tour dans les options, changement du FOV pour un 130° plus à propos pour ce genre de jeu, et en avant Guingamp !
Car contrairement à nos inquiétudes sur le rythme du jeu, DOOM file bon train, avec des combats viscéraux et brutaux, malheureusement stoppés nets par une fausse bonne idée sur laquelle nous reviendrons un peu plus loin dans le test. L’introduction reste en tout cas très agréable à parcourir, malgré une surcouche scénaristique dont on se serait bien passés : les différents protagonistes ont un charisme de pétoncle, tandis que les dialogues sont tous plus bateaux les uns que les autres… Enfin, rien de bien grave cela dit, nous sommes dans DOOM après tout. Non, ce qui réussit franchement à ces premières heures de jeu, c’est toute cette phase d’acclimatation aux nouveautés du jeu et en particulier son système de progression plutôt malin.

Carcasses : ON
Avec DOOM, ID a trouvé le bon équilibrage entre tradition et modernité, en revenant au level-design labyrinthique bourré de secrets qui faisait toute la saveur des premiers épisodes, tout en conservant des affrontements jouissifs et ultra-violents comme on les aime, en particulier après une journée particulièrement tendue. Il s’agit donc d’un « véritable » opus de la licence, avec tout ce que cela implique en termes d’exigence et de puissance de feu. Mais à côté de cela, les développeurs ont intégré tout un tas de nouvelles mécaniques vraiment bien vues, comme une amélioration des armes via un système de points de compétences basique, mais aussi des runes à débloquer en complétant des salles de défis annexes, des statuettes à retrouver, des cœurs d’amélioration… Au final, les stages du jeu se retrouvent bourrés d’éléments annexes à déverrouiller et qui seront utiles par la suite. C’est également sans compter les améliorations de l’armure associés à l’avancée du scénario, comme par exemple les bottes de propulsion qui autorisent le double saut. Finalement, il n’y a qu’une petite originalité qui nous aura laissés plutôt dubitatifs : les Glory Kills, qui sont en fait les exécutions permettant de récupérer des points de vie et des munitions en abondance sur le cadavre des ennemis.
Le gros problème de ces finish moves est qu’ils deviennent tout simplement nécessaires dès la deuxième partie du jeu, et que ces derniers coupent momentanément l’action. On aurait aimé que les GK soient tout simplement optionnels ou qu’on puisse désactiver leur animation dans les options afin de rester dans le flow de la partie. On pourra également pester face au dernier tiers de l’aventure qui se révèle sacrément flemmard, avec des arènes qui s’enchaînent bêtement, sans véritable liant comme dans les premières heures de l’aventure. Peu importe, ID a tout de même réussi à renouer avec la recette des bons vieux FPS d’antan pour sa campagne et on reste accrochés à son combo clavier / souris jusqu’au dénouement, grâce à ses affrontements particulièrement jouissifs et nerveux : dommage qu’on ne puisse pas en dire autant de son mode multijoueur.

Le Noël des Petits Animaux de la Forêt
Après avoir retourné la campagne, nous nous sommes évidemment tournés vers les modes multijoueurs : plutôt variés, avec une sélection d’une bonne douzaine de cartes, on a clairement fait pire pour un lancement de service. Cependant, si le contenu est largement suffisant pour maintenir les excités de la gâchette sur les serveurs, il en est tout autrement de l’ambiance globale et des efforts apportés à l’ergonomie de ce pan compétitif de DOOM. Pour faire simple : tout est très kitsch, sans âme, terne… bref, au bout d’une dizaine de matchs, on s’ennuie ferme, malheureusement. De plus, même si le gameplay de la campagne solo est là, tout y est plus pataud, avec un équilibrage aux fraises et une voix-off qui donne tout simplement envie de passer l’arme à gauche. Après le niveau 8 atteint sur les serveurs, nous décidâmes enfin de voir ce que donnait le fameux Snapmap, qui permet tout simplement à la communauté de s’essayer au level-design avec une création de map complète. Et effectivement, l’outil est très puissant, avec la possibilité de lancer des scripts et l’accès complet aux fichiers du jeu, comme le bestiaire, la configuration des salles, etc. D’autant que techniquement, le bébé d’ID se défend plutôt bien, avec des gerbes de sang abondantes et des jeux de lumière particulièrement agréables à l’œil : cependant, on aurait aimé que le même soin soit apporté à la bande-son du jeu, particulièrement marquante sur les premiers opus. Certes, les riffs de gratte bien gras sont toujours présents, mais tout est mêlé à de la dubstep lourdingue, pour un rendu oubliable en quelques secondes.